L'indice IT3: comment le calculer, comment l'utiliser

 Les étiquettes des aliments pour le bétail contenant du lin extrudé TradiLin doivent indiquer la teneur de l'aliment en IT3, soit en acides gras oméga 3 actifs pour aider l'éleveur à atteindre le cahier des charges TradiLin.

Historique:

L’affouragement de nos ruminants s’est considérablement modifié avec l’apparition des cultures intensives, en particulier du maïs et du soja. A cela s’ajoute aussi que depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, la part des céréales dans la ration de base des ruminants, ainsi que les fourrages conservés n’a fait qu’augmenter. Cela a permis de produire plus de lait et de viande à des prix plus intéressants, mais cela a eu pour effet de déséquilibrer un facteur prépondérant, dont nous n’avions pas conscience : le rapport oméga 6 sur oméga 3. En effet, les céréales en général, mais le maïs en particulier, sont riches en oméga 6 et très pauvres en oméga 3.

Les acides gras de la famille des oméga 3 et des oméga 6 ont comme précurseur l’acide alpha-linolénique (ALA) et l’acide linoléique (LA). Ils sont appelés essentiels, car l’animal est incapable de les synthétiser, mais doit les trouver dans sa nourriture, c’est ce qui rend son apport si important.

 

Fonction des oméga 3 :

Les oméga 3 sont très important pour le bon fonctionnement de notre métabolisme en participant à la perméabilité des cellules entre autre. Cette fonction est particulièrement importante pour assurer la diffusion des sécrétions internes dans tous l’organisme. De plus, le rapport Oméga 6 / oméga 3 influe directement sur la fécondité, car l’un et l’autre de ces acides gras sont des précurseur des prostaglandines, mais de lignées différentes. Comme ils utilisent le même catalyseur pour synthétiser leur prostaglandine, la quantité de chacun et surtout le rapport entre les oméga 6 et les oméga 3 est primordial. Sinon, la conséquence est une production trop importante d’une lignée par rapport à l’autre.

Un manque de l’un ou de l’autre se répercute également dans la composition des graisses des produits issus des animaux (lait, viande, œufs), ce qui reporte le problème également dans l’alimentation humaine.

 

La détermination de l’indice IT3 des aliments :

La compilation de 10 ans d’essais a permis de mettre en évidence les paramètres importants pour déterminer l’efficacité des sources d’oméga 3. Ces paramètres sont :

  1. La quantité de graisse de l’aliment (L) : Les oméga 3 et 6 font parties du groupe des acides gras polyinsaturés, contenus dans la partie lipidique de l’aliment. Sa détermination se fait par analyse chimique de l’extrait éthéré après hydrolyse.
  2. La quantité d’acides gras dans la graisse (AG) : La matière grasse n’est pas composés uniquement d’acides gras, mais aussi de phospholipides. Il convient de calculer la quantité réelle d’acides gras. La littérature donne des coefficients pour chaque aliment. (Tables de composition INRA)
  3. La matière grasse disponible (MGD) : Afin de participer au métabolisme, la matière grasse doit être disponible et assimilable par l’animal. Ce critère est pris en considération en analysant le pourcentage d’huile disponible par la méthode adaptée de « détermination de la teneur en matière grasse libre des laits secs réengraissés » d’après le recueil Produits Laitiers – Chimie III – 18 (Serres, 1993)
  4. Le taux d’oméga 3 (O3) : la quantité d’oméga 3 dans les acides gras
    Le taux d’oméga 6 (O6) : la quantité d’oméga 6 est aussi prise en compte, car il s’agit d’un antagoniste des oméga 3. Au final, autant que la quantité réelle d’oméga 3, c’est aussi le rapport oméga 6 / oméga 3 qui est important.
  5. Le coefficient d’oxydation : la propension de l’aliment à s’oxyder et à créer des composés I (indice de peroxyde = IP) et II (indice d’anisidine = IA) d’oxydation, preuve d’une dénaturation du produit et d’acides gras inefficaces.

        Calcul de l’indice totox et grille d’évaluation : 2*IP + 1*IA
* Indice Totox = 2 * indice de peroxyde + 1 * indice d'anisidine

Indice Totox* Coef d’oxydation
<20 1
20-30 2
30-40 3
40-50 4
>50 5

 

 

La formule de calcul de l’indice IT3 est la suivante :  g L × % MGD × % AG × (% O3 – (% O6 /4)) × ( 1/Coef Oxydation)

 

Les 2 règles à suivre pour l’utilisation de l’indice IT3:

  1. Augmenter la valeur analysée de votre aliment de 0.035 MJ NEL par unité d’IT3.

    Le lin agit sur l’ensemble de la ration. L’énergie est mieux métabolisée (diminution de la production de méthane). La digestibilité de la cellulose augmente grâce au pH de la panse légérement suppérieur et à un rapport favorable entre l’acide propionique et acétique. Cette énergie supplémentaire permet d’augmenter la production avec la même quantité de fourrage.
  2. Veillez à avoir plus de PAIN que de PAI dans la ration (environ 10% de plus).

    Grâce au lin, les microorganismes de la panse dégradent moins la protéine et favorise un effet « by-pass ». Mais il faut veiller à l’approvisionnement des microorganismes en azote soluble.

 

Valeurs souhaitées d’IT3 dans la ration :

Choisissez votre but !

IT3=50 g /vache /jour : Indice minimal pour couvrir les besoins

IT3=80 g /vache /jour    : Effet sur la fertilité, l’aspect général et le bien-être de l’animal

IT3=100-120 g /vache /jour : Effet sur la qualité du lait, sur la quantité produite et sur le rendement en fromage, respect du cahier des charges TradiLin

IT3 =140-160 g /vache /jour : Effets amplifiés pour les vaches laitières hautes productrices et l’engraissement des bœufs.